L'ostéopathie libérale attire chaque année de nouveaux praticiens, attirés par l'autonomie et la liberté de pratique. Mais avant d'ouvrir son cabinet, le choix du statut juridique est une étape clé. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'est pas si compliqué — la plupart des ostéopathes démarrent avec le même statut.

Le numéro ADELI : incontournable avant tout

Le titre d'ostéopathe est protégé par la loi du 4 mars 2002. Pour l'utiliser légalement, vous devez détenir un diplôme d'ostéopathie reconnu par l'État et être enregistré auprès de l'Agence Régionale de Santé de votre département.

Ce numéro ADELI à 9 chiffres est obligatoire sur toutes vos notes d'honoraires. Sans lui, votre activité n'est pas légale, peu importe le statut juridique choisi. La démarche se fait par courrier auprès de l'ARS et prend généralement 2 à 4 semaines.

La micro-entreprise : le point de départ de la majorité

La quasi-totalité des ostéopathes qui s'installent pour la première fois choisissent la micro-entreprise. La raison est simple : elle est rapide à créer, gratuite, et ne demande aucune comptabilité complexe. Vous enregistrez vos recettes, vous déclarez votre CA chaque mois ou trimestre, et vous payez vos cotisations en proportion de ce que vous gagnez.

Le taux de cotisations pour une activité libérale est d'environ 22 % du CA. Ce taux inclut la retraite de base et complémentaire via la CARPIMKO, la prévoyance et la formation professionnelle. Si vous n'avez pas de patients certains mois, vous ne payez rien.

Le principal inconvénient : aucune charge n'est déductible. Le loyer de votre cabinet, votre formation continue, votre matériel de traitement — tout cela ne réduit pas votre base imposable. Le régime applique un abattement forfaitaire de 34 %, qui peut s'avérer insuffisant si vos charges sont importantes.

L'EI au régime réel : pour les ostéopathes avec des charges élevées

L'entreprise individuelle au régime réel (BNC — Bénéfices Non Commerciaux) permet de déduire toutes vos charges professionnelles : loyer du cabinet, matériel spécifique (table de traitement, mobilier), formation continue, assurance RC Pro, mutuelle Madelin.

En contrepartie, vous devez tenir une comptabilité rigoureuse et travailler avec un expert-comptable. Les cotisations sociales sont calculées sur votre bénéfice net — ce qui peut représenter une économie significative si vos charges sont lourdes. Ce statut devient pertinent à partir de 40 000 à 50 000 € de CA annuel avec un cabinet en location.

TVA : ce que les ostéopathes doivent savoir

Les séances d'ostéopathie ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. En conséquence, elles ne bénéficient pas de l'exonération de TVA réservée aux actes médicaux conventionnés. Vos honoraires sont donc soumis à la TVA — sauf si vous bénéficiez de la franchise.

Sous 37 500 € de CA annuel, vous êtes en franchise de TVA. Vous mentionnez sur vos notes d'honoraires : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà de ce seuil, vous devez facturer 20 % de TVA à vos patients — ce qui oblige souvent à revoir sa politique tarifaire.

EURL et SASU : utiles dans certains cas précis

Les structures sociétaires sont rarement nécessaires pour un ostéopathe exerçant seul. Elles ajoutent des contraintes administratives et des coûts fixes sans avantage fiscal notable sous 80 000 € de CA. En revanche, elles deviennent pertinentes si vous souhaitez partager un cabinet avec un associé à parts égales, ou si vous envisagez de salarier un collaborateur.

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Questions fréquentes

Un ostéopathe libéral peut-il être auto-entrepreneur ?

Oui. La micro-entreprise est parfaitement compatible avec l'ostéopathie libérale. C'est le statut le plus simple pour démarrer, avec des cotisations à 22 % du CA et une comptabilité allégée.

Faut-il un numéro ADELI pour exercer ?

Oui, c'est obligatoire. Il s'obtient auprès de l'ARS de votre département et doit figurer sur toutes vos notes d'honoraires. Sans lui, l'usage du titre d'ostéopathe est illégal.

Un ostéopathe libéral doit-il facturer la TVA ?

Pas sous 37 500 € de CA annuel (franchise de TVA). Au-delà, les honoraires d'ostéopathie sont soumis à 20 % de TVA, car les séances ne bénéficient pas de l'exonération médicale.

Quelle caisse de retraite pour un ostéopathe libéral ?

La CARPIMKO. En micro-entreprise, les cotisations sont incluses dans le taux global de 22 % du CA. En EI au régime réel, elles sont calculées sur le bénéfice net.

Quand passer à l'EI au régime réel ?

Quand vos charges (loyer, matériel, formation) dépassent 34 % de votre CA, ou quand votre CA dépasse 40 000 € de façon stable. L'EI permet alors de déduire toutes ces charges et devient financièrement plus avantageux.