Le médiateur familial libéral exerce une profession réglementée — le titre de médiateur familial est protégé en France et nécessite le Diplôme d'État de médiateur familial (DEMF), une formation de 700 heures minimum. Cette exigence de formation garantit une pratique structurée et encadrée, mais elle crée aussi des besoins administratifs spécifiques que les outils généralistes de gestion de cabinet ne couvrent pas.

La spécificité des dossiers en médiation familiale

Un dossier de médiation familiale est fondamentalement différent d'un dossier de consultation individuelle. Il implique systématiquement au moins deux parties — souvent un couple séparé ou en cours de séparation, des membres d'une même famille en conflit, ou des parents coparentaux qui cherchent à organiser leur relation post-divorce autour de leurs enfants.

Ce dossier bipartite doit pouvoir identifier les deux parties séparément (coordonnées, adresses, éventuellement leurs avocats respectifs) tout en les rattachant à la même situation de médiation. Les notes de séance sont communes au dossier, pas individuelles à chaque partie — en médiation, ce qui est dit est dit devant les deux parties présentes simultanément.

Le suivi du nombre de séances réalisées, de l'avancement du processus (information préalable → engagement → sessions de travail → accord ou fin de processus) et des documents produits (protocole d'accord, compte-rendu de fin de médiation) doit être centralisé dans le dossier.

La facturation partagée : une complexité spécifique

En médiation familiale, les honoraires du médiateur sont généralement partagés entre les deux parties selon un accord établi en amont. Cet accord peut prendre différentes formes :

Partage à parts égales : chaque partie paye 50 % des honoraires de chaque séance. Une séance à 120 € → chaque partie reçoit une note d'honoraires de 60 €.

Partage asymétrique : selon les ressources respectives, une partie prend en charge une part plus importante. Par exemple, 70/30. Chaque partie reçoit une note d'honoraires correspondant à sa part.

Prise en charge totale par une partie : une partie accepte de payer la totalité des honoraires. Une seule note d'honoraires est émise, à son nom.

Un logiciel qui permet de définir la clé de répartition en début de dossier et de générer automatiquement les documents correspondants pour chaque partie évite les erreurs de facturation et les tensions entre les parties sur ce sujet administratif.

L'aide juridictionnelle : facturer la juridiction

La médiation familiale peut être ordonnée par un juge ou proposée dans le cadre d'une procédure judiciaire (divorce, autorité parentale, pension alimentaire). Dans ce contexte, les parties peuvent bénéficier de l'aide juridictionnelle (AJ), qui prend en charge tout ou partie des honoraires de médiation selon les ressources des parties.

Lorsque l'AJ est accordée, la facturation s'adresse au bureau de l'aide juridictionnelle du tribunal compétent, selon des tarifs réglementés spécifiques à la médiation familiale conventionnelle. Le médiateur doit disposer d'un logiciel qui lui permet de créer des documents conformes à destination de la juridiction, distincts de la facturation directe aux particuliers.

Confidentialité et protection des données de médiation

La médiation familiale est soumise à une confidentialité absolue. Les informations partagées par les parties lors des séances, les projets d'accord en construction et toutes les notes du médiateur ne peuvent être divulguées à aucun tiers — y compris les avocats des parties, les experts judiciaires ou l'autorité judiciaire qui a orienté vers la médiation.

Cette exigence de confidentialité impose des exigences très strictes sur la sécurisation des données : hébergement chiffré en France ou dans l'UE, accès sécurisé par authentification forte, absence de données identifiantes dans des outils non sécurisés. Le RGPD s'applique pleinement aux données de médiation familiale.

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Questions fréquentes

Quel logiciel pour un médiateur familial libéral ?

Un logiciel adapté aux dossiers bipartites (deux parties par dossier avec coordonnées distinctes), à la facturation partagée selon la clé de répartition définie, au suivi des séances par dossier, et à la production de documents pour l'aide juridictionnelle. La confidentialité et le RGPD sont des exigences non négociables.

Comment gérer les dossiers bipartites en médiation familiale ?

Le dossier identifie les deux parties séparément (coordonnées distinctes) tout en les rattachant à la même situation de médiation. Les notes de séance sont communes (présence simultanée des deux parties). Le suivi de l'avancement du processus (information, engagement, séances de travail, accord) est centralisé dans le dossier.

Comment gérer la facturation partagée en médiation familiale ?

Définissez la clé de répartition en début de dossier (50/50, 70/30, ou prise en charge totale par une partie). Le logiciel génère deux notes d'honoraires correspondant à chaque part. Cette clarté évite les tensions sur les aspects administratifs et financiers entre parties déjà en conflit.

Comment gérer l'aide juridictionnelle en médiation familiale ?

Quand l'AJ est accordée, la facture s'adresse au bureau de l'aide juridictionnelle du tribunal. Les tarifs sont réglementés. Le logiciel doit permettre de créer ces documents institutionnels distincts de la facturation directe aux particuliers. Gardez une traçabilité claire des dossiers avec et sans AJ.

Les données de médiation familiale sont-elles soumises à la confidentialité ?

Oui, à une confidentialité absolue. Les informations partagées en séance, les projets d'accord et toutes les notes du médiateur ne peuvent être divulguées à aucun tiers — avocats, experts ou juridiction inclus. Hébergement chiffré en France, accès sécurisé, RGPD strict.