Un ergothérapeute peut tout à fait exercer en micro-entreprise. C'est même un point de départ fréquent pour ceux qui démarrent avec un volume d'activité modéré ou qui cumulent avec un poste salarié. Mais la nature même de l'ergothérapie libérale — avec ses nombreux déplacements à domicile et son matériel spécialisé — crée des charges qui peuvent rapidement dépasser les limites de ce statut.

Les atouts de la micro-entreprise pour démarrer

La micro-entreprise offre une simplicité réelle : création gratuite en ligne, cotisations calculées uniquement sur le CA encaissé, pas de bilan comptable à déposer. Le taux de cotisations sociales pour une activité libérale paramédicale est d'environ 22 % du CA, couvrant la retraite de base et complémentaire via la CARPIMKO, la prévoyance et la formation professionnelle.

Pour un ergothérapeute qui débute avec peu de visites et qui exerce en parallèle d'un emploi salarié dans un établissement, ce statut permet de tester l'activité libérale sans engagement financier lourd.

Le problème des frais de déplacement non déductibles

C'est le point critique pour l'ergothérapeute libéral. En micro-entreprise, aucune charge professionnelle n'est déductible. L'abattement forfaitaire de 34 % est censé couvrir l'ensemble des frais — carburant, entretien du véhicule, assurance auto, matériel d'évaluation, formations continues.

Pour un ergothérapeute qui réalise 15 000 km par an dans le cadre de ses visites à domicile (soit environ 250 € par mois au barème kilométrique fiscal), ses seuls frais de déplacement représentent déjà 3 000 €. Ajoutez le matériel, les formations et la RC Pro, et les charges réelles peuvent facilement atteindre 8 000 € sur un CA de 30 000 € — soit 26 %, proche du seuil de 34 %.

Dès que les charges réelles dépassent ce seuil, l'EI au régime réel BNC devient systématiquement plus avantageuse. Un expert-comptable peut effectuer une simulation en quelques heures sur la base de votre CA et de vos charges prévisionnelles.

TVA exonérée : un avantage permanent

Quel que soit le statut choisi, les soins d'ergothérapie bénéficient d'une exonération totale de TVA (article 261-4-1° du CGI). Cette exonération n'est pas soumise à un seuil de CA et s'applique sans distinction en micro-entreprise ou en EI au régime réel. Vos notes d'honoraires n'incluent jamais de TVA.

Micro-entreprise et cumul avec un emploi salarié

Beaucoup d'ergothérapeutes qui se lancent en libéral maintiennent un temps partiel salarié dans un établissement. La micro-entreprise facilite ce cumul : les cotisations sont entièrement proportionnelles à l'activité libérale, sans interaction avec les cotisations du salariat. C'est une façon de sécuriser ses revenus pendant la phase de constitution de la patientèle libérale.

Gérez vos visites à domicile sans paperasse administrative

Notes d'intervention, facturation des visites, suivi des paiements, dossiers patients. Practly adapté aux paramédicaux libéraux. Essai gratuit 20 jours.

Essayer gratuitement →

Questions fréquentes

Quel est le taux de cotisation d'un ergothérapeute auto-entrepreneur ?

Environ 22 % du CA pour une activité libérale paramédicale, incluant les cotisations CARPIMKO, la prévoyance et la formation professionnelle.

Peut-on déduire ses frais de déplacement en micro-entreprise ?

Non. Aucune charge n'est déductible en micro-entreprise. L'abattement de 34 % est censé tout couvrir. Pour un ergothérapeute avec beaucoup de visites à domicile, ce n'est souvent pas suffisant.

Quand envisager de quitter la micro-entreprise ?

Dès que les charges réelles (kilométriques, matériel, formations) dépassent 34 % du CA annuel. Un ergothérapeute avec plus de 10 000 km professionnels par an a souvent intérêt à passer à l'EI au régime réel BNC.

La TVA est-elle due par un ergothérapeute auto-entrepreneur ?

Non. Exonération permanente de TVA (article 261-4-1° du CGI), quel que soit le CA et quel que soit le statut.

Peut-on cumuler la micro-entreprise avec un emploi salarié ?

Oui. Les cotisations sociales de la micro-entreprise sont calculées uniquement sur le CA libéral, sans interaction avec les cotisations salariales. Un bon moyen de tester l'activité libérale en sécurité.