L'ergothérapie libérale est une pratique en fort développement, portée par les politiques de maintien à domicile et la prise en compte croissante du handicap dans la vie quotidienne. Elle reste néanmoins une profession où le circuit de financement est plus complexe que pour un kinésithérapeute ou un orthophoniste conventionné. Anticiper ces spécificités avant de s'installer est indispensable.
Étape 1 : obtenir le numéro ADELI
Comme toute profession paramédicale réglementée, l'ergothérapeute doit enregistrer son diplôme auprès de l'Agence Régionale de Santé (ARS) de son département pour obtenir son numéro ADELI. Ce numéro est obligatoire sur toutes les factures et notes d'honoraires.
Envoyez votre Diplôme d'État d'Ergothérapeute, une pièce d'identité et un justificatif d'adresse professionnelle. Comptez 2 à 5 semaines de traitement selon les ARS.
Étape 2 : créer son entreprise
Le statut choisi dépend de votre mode d'exercice prévu. Si vous anticipez de nombreux déplacements à domicile, l'EI au régime réel BNC vous permettra de déduire vos frais kilométriques et votre matériel. Si vous démarrez avec peu de charges fixes (pas de cabinet, pas de gros matériel), la micro-entreprise peut convenir le temps de constituer votre patientèle. Pour comparer les deux options, consultez notre guide sur le statut juridique de l'ergothérapeute libéral.
Étape 3 : comprendre le circuit de financement
C'est la spécificité majeure de l'ergothérapie libérale. Contrairement au kinésithérapeute ou à l'orthophoniste, l'ergothérapeute libéral n'est généralement pas conventionné avec la Sécurité sociale. Vos interventions peuvent être financées par plusieurs voies :
- La PCH (Prestation de Compensation du Handicap) : accordée par la MDPH aux personnes en situation de handicap. Elle peut financer des interventions d'ergothérapie pour l'adaptation du logement ou la formation aux aides techniques.
- Les mutuelles : certains contrats remboursent des bilans et des consultations d'ergothérapie.
- Le paiement direct par le patient ou la famille : fréquent pour les bilans de conduite automobile adaptée ou les évaluations de maintien à domicile.
- Les conventions avec des établissements : EHPAD, SSIAD, SESSAD qui font appel à des ergothérapeutes libéraux en vacation.
Étape 4 : souscrire une assurance RC Pro
L'assurance RC Pro est obligatoire pour tout professionnel de santé libéral. Pour un ergothérapeute qui intervient au domicile des patients, elle couvre aussi les incidents qui pourraient survenir hors cabinet — chute d'un patient lors d'une évaluation, dommage au domicile lors d'un essai d'aide technique. Comptez entre 150 et 400 € par an selon les garanties.
Étape 5 : construire son réseau de prescripteurs
Sans réseau de prescripteurs, une activité libérale en ergothérapie ne décolle pas. Les prescripteurs prioritaires à contacter dès le lancement : médecins généralistes, neurologues, rhumatologues, gériatres, services de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR), MDPH locales, SSIAD et EHPAD. Une spécialisation sur une patientèle particulière (personnes âgées, AVC, enfants avec TDC) facilite le positionnement et les adressages.
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Faut-il un cabinet pour exercer en ergothérapeute libéral ?
Non. Beaucoup d'ergothérapeutes libéraux exercent principalement au domicile des patients, en EHPAD ou dans des structures médico-sociales. Un cabinet fixe est utile mais pas indispensable pour démarrer.
Les interventions d'un ergothérapeute libéral sont-elles remboursées ?
Pas directement par la Sécurité sociale. Elles peuvent être financées via la PCH (MDPH), certaines mutuelles, ou en paiement direct. Les conventions avec des établissements (EHPAD, SSIAD) sont une autre source de revenus réguliers.
Comment se constituer une clientèle en ergothérapie libérale ?
Via les médecins prescripteurs (généralistes, neurologues, rhumatologues, gériatres), les services SSR, les MDPH et les structures médico-sociales. Une spécialisation sur une patientèle précise facilite les adressages.
Quel matériel est indispensable pour démarrer ?
Outils d'évaluation fonctionnelle, petit matériel d'adaptation, et un véhicule fiable pour les visites à domicile. Le véhicule est souvent le principal outil de travail d'un ergothérapeute libéral.
Un ergothérapeute libéral peut-il prescrire des aides techniques ?
Non. Il formule des préconisations qui seront reprises dans une prescription médicale ou un plan PCH. Ce rôle de conseiller expert est au cœur de la pratique libérale en ergothérapie.