La question revient régulièrement chez les jeunes orthophonistes qui s'installent : peut-on choisir la micro-entreprise pour simplifier la gestion ? La réponse est oui, c'est légalement possible. Mais dans la réalité de la pratique orthophonique libérale, ce statut se révèle souvent limitant dès les premières années d'installation.

Ce que la micro-entreprise offre à l'orthophoniste

La micro-entreprise séduit par sa simplicité administrative. Pas de bilan comptable, pas d'expert-comptable obligatoire, cotisations calculées uniquement sur le CA encaissé. Le taux pour une activité libérale est d'environ 22 % du CA, couvrant la retraite via la CARPIMKO, la prévoyance et la formation professionnelle. Si votre agenda est vide un mois, vos cotisations sont nulles.

Pour un orthophoniste qui débute avec peu de charges — location de salle quelques jours par semaine, matériel minimal — ce statut peut être un point de départ raisonnable le temps de constituer une patientèle.

Pourquoi la micro-entreprise est souvent insuffisante

Le problème central est l'abattement forfaitaire. En micro-entreprise, aucune charge réelle n'est déductible. Le régime applique un abattement de 34 % sur le CA pour les activités libérales. Or, les charges d'un cabinet d'orthophonie sont structurellement importantes :

Sur un CA de 40 000 €, l'abattement de 34 % représente 13 600 €. Si vos charges réelles s'élèvent à 16 000 €, vous payez des impôts et des cotisations sur une base supérieure à votre bénéfice réel. C'est ce déséquilibre qui pousse la grande majorité des orthophonistes libéraux vers l'EI au régime réel BNC.

TVA exonérée : un avantage qui ne dépend pas du statut

Un point positif qui s'applique quel que soit le statut choisi : les actes d'orthophonie sont exonérés de TVA en vertu de l'article 261-4-1° du Code général des impôts. Cette exonération est permanente et inconditionnelle — elle ne dépend pas du seuil de franchise de 37 500 €, et ne change pas si vous passez de la micro-entreprise au régime réel. Vos notes d'honoraires n'incluent jamais de TVA.

Faire le bon choix dès le départ

Si vous démarrez sans cabinet fixe (visites à domicile ou sous-location de salle à la journée), la micro-entreprise peut être suffisante pour les 6 à 18 premiers mois. Dès que vous louez un cabinet à l'année, la comparaison avec l'EI au régime réel s'impose. Un expert-comptable ou une AGA peut vous produire une simulation sur la base de vos charges prévisionnelles en quelques heures.

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Questions fréquentes

Un orthophoniste libéral peut-il être auto-entrepreneur ?

Oui, c'est légalement possible. Mais les charges spécifiques à l'orthophonie (cabinet, matériel de bilan, formations obligatoires) dépassent souvent l'abattement de 34 %, rendant l'EI au régime réel BNC plus avantageux.

Quel est le taux de cotisation d'un orthophoniste auto-entrepreneur ?

Environ 22 % du CA, incluant les cotisations CARPIMKO (retraite de base et complémentaire), la prévoyance et la formation professionnelle.

La TVA est-elle due par un orthophoniste auto-entrepreneur ?

Non. Les actes d'orthophonie sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI), quel que soit le statut et quel que soit le CA. Cette exonération est permanente et inconditionnelle.

Quand la micro-entreprise devient-elle inadaptée pour un orthophoniste ?

Dès que les charges réelles dépassent 34 % du CA. En pratique, dès qu'un cabinet est loué à l'année, le passage à l'EI au régime réel BNC devient souvent plus avantageux.

Peut-on passer de la micro-entreprise à l'EI au régime réel ?

Oui, généralement en début d'année civile sur option fiscale. Une simulation par un expert-comptable ou une AGA est recommandée avant de faire la transition.