Le diététicien libéral constitue des dossiers riches en données de santé. Le bilan initial seul peut contenir : poids, taille, IMC, composition corporelle, liste des médicaments en cours, pathologies diagnostiquées, antécédents familiaux, histoire alimentaire détaillée, informations sur les troubles du comportement alimentaire. Chacune de ces informations est protégée par le RGPD comme donnée de santé — une catégorie bénéficiant d'une protection renforcée.
Le bilan nutritionnel : un dossier de santé complet
Dès la première consultation, vous collectez des informations qui dépassent largement les simples données de contact. L'anamnèse diététique recueille les antécédents médicaux, les traitements médicamenteux en cours (qui influencent le métabolisme et les besoins nutritionnels), les pathologies chroniques (diabète, maladie de Crohn, insuffisance rénale, maladie cœliaque), l'histoire pondérale et les épisodes de régimes antérieurs.
Ces informations forment un profil de santé complet soumis au RGPD dans sa catégorie la plus protégée. Elles doivent être conservées dans un logiciel sécurisé hébergé en France ou dans l'UE — pas dans un tableur Excel non chiffré, un carnet papier non sécurisé ou une messagerie non professionnelle.
Les troubles du comportement alimentaire : une vigilance particulière
Si votre clientèle comprend des personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie boulimique), les informations collectées sont particulièrement sensibles. Ces données révèlent une vulnérabilité psychologique profonde et doivent être traitées avec une rigueur extrême :
- Stockage strictement sécurisé, accès limité à vous seul
- Aucune transmission sans accord explicite et écrit du patient
- Notes formulées de façon clinique et neutre, sans jugement
- Droit d'accès du patient respecté dans les délais RGPD (1 mois)
Partage avec d'autres professionnels de santé
En diététique libérale, la coordination avec le médecin traitant, le gastro-entérologue ou le psychiatre (pour les TCA) est souvent bénéfique pour le patient. Mais le partage d'informations entre professionnels ne peut se faire sans l'accord explicite du patient.
Si vous souhaitez adresser un compte-rendu diététique au médecin prescripteur, obtenez systématiquement un accord écrit de votre patient — soit dans le formulaire de consentement initial, soit lors d'une demande spécifique. Précisez à qui le document sera transmis et dans quelle finalité. Utilisez un canal de transmission sécurisé (messagerie professionnelle de santé, pas de simple email).
Gestion des journaux alimentaires et des photos
Beaucoup de diététiciens demandent à leurs patients de tenir un journal alimentaire numérique ou d'envoyer des photos de leurs repas via une application. Ces éléments sont des données personnelles liées à la santé — ils révèlent les habitudes alimentaires, les excès éventuels et le mode de vie du patient.
Si vous utilisez une application tierce pour ces échanges (WhatsApp, Yazio, etc.), vérifiez sa conformité RGPD. Les données échangées via une application grand public non conforme sont un risque juridique. Privilégiez les espaces patients sécurisés proposés par des logiciels de gestion conformes RGPD.
Conservation et suppression des dossiers
Les dossiers nutritionnels se conservent 5 ans après la fin du suivi — délai adapté à la nature médicale des données. Les données de facturation sont conservées 10 ans pour les obligations comptables. Mettez en place une revue annuelle de vos dossiers pour identifier et supprimer (ou anonymiser) les données arrivées à expiration.
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Essayer gratuitement →Questions fréquentes
Les données d'un diététicien libéral sont-elles des données de santé ?
Oui, en grande partie. Poids, composition corporelle, pathologies, traitements, antécédents alimentaires — ce sont des données de santé à protection renforcée au sens du RGPD.
Comment gérer les données des patients souffrant de TCA ?
Stockage sécurisé, accès limité, aucune transmission sans accord explicite du patient. Notes formulées de façon clinique et neutre. Ces données sont particulièrement sensibles.
Les mesures anthropométriques sont-elles des données personnelles ?
Oui. Poids, taille, IMC, composition corporelle — associées à l'identité du patient, ces mesures forment un profil de santé protégé par le RGPD.
Peut-on partager le dossier nutritionnel avec le médecin traitant ?
Oui, uniquement avec accord explicite du patient. Précisez à qui le document est transmis et dans quelle finalité. Utilisez un canal sécurisé.
Combien de temps conserver les dossiers nutritionnels ?
5 ans après la fin du suivi pour les dossiers nutritionnels. 10 ans pour les données de facturation. Supprimez ou anonymisez à l'expiration de ces délais.