La diététique libérale occupe une position particulière dans le paysage des professions de santé : le titre de diététicien est protégé par la loi, mais l'activité n'est pas conventionnée avec l'Assurance maladie dans le cas général. Ce paradoxe crée une réalité économique spécifique — les clients financent eux-mêmes les consultations, souvent remboursées partiellement par leur mutuelle.
Titre protégé vs titre libre : une distinction fondamentale
Le titre de diététicien est réglementé en France. Pour l'utiliser légalement, il faut détenir un BTS Diététique, un Diplôme de Diététicien Nutritionniste (DDN) délivré par une université ou un titre reconnu équivalent. Utiliser le titre de "diététicien" sans ce diplôme expose à des poursuites.
En revanche, le titre de nutritionniste n'est pas protégé. N'importe qui peut se présenter comme nutritionniste, quelle que soit sa formation. Cette asymétrie crée une confusion chez les clients : certains "nutritionnistes" ont des formations sérieuses, d'autres non. Pour les titulaires du BTS Diététique, se présenter comme "diététicien-nutritionniste" cumule la protection du titre réglementé et la visibilité du terme "nutritionniste" plus connu du grand public.
La micro-entreprise : le statut de départ
La micro-entreprise est le statut de départ adapté pour la majorité des diététiciens libéraux. Les cotisations sociales s'élèvent à environ 22 % du CA (CIPAV incluse — pas la CARPIMKO, réservée aux professions paramédicales conventionnées comme les kinésithérapeutes). L'abattement forfaitaire de 34 % couvre généralement bien les charges d'un diététicien qui reçoit en cabinet loué ponctuellement ou en visio.
Si vous investissez dans un cabinet propre équipé (balance de précision, impédancemètre, logiciels de calcul nutritionnel professionnels) et que vos charges dépassent 34 % de votre CA, l'EI au régime réel BNC devient plus avantageux.
Non conventionné SS : un modèle économique à anticiper
Les consultations de diététique libérale ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie dans la grande majorité des cas. Votre clientèle paye directement, et peut se faire rembourser partiellement par sa mutuelle selon son contrat. Informez vos clients de cette possibilité et des montants de remboursement courants pour les guider.
L'Association Française des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN) est l'organisation professionnelle de référence. Son adhésion n'est pas obligatoire mais renforce la crédibilité et ouvre l'accès à des ressources professionnelles et des formations continues.
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Essayer gratuitement →Questions fréquentes
Le titre de diététicien est-il protégé ?
Oui. BTS Diététique ou diplôme équivalent requis. "Nutritionniste" n'est pas protégé — n'importe qui peut l'utiliser. Se présenter comme "diététicien-nutritionniste" combine protection légale et visibilité commerciale.
Quelle caisse de retraite pour un diététicien libéral ?
La CIPAV — pas la CARPIMKO (réservée aux professions paramédicales conventionnées). En micro-entreprise, incluse dans le taux global d'environ 22 % du CA.
Un diététicien libéral est-il conventionné SS ?
Non dans le cas général. Consultations non remboursées par la SS. Certaines mutuelles remboursent partiellement. Des expérimentations existent pour le diabète de type 2.
Un diététicien libéral doit-il facturer la TVA ?
Pas sous 37 500 € de CA (franchise de TVA). La question d'exonération médicale au-delà mérite d'être étudiée avec un expert-comptable selon la nature de l'activité.
Un diététicien libéral doit-il avoir un numéro ADELI ?
Pas obligatoire pour une activité libérale privée non conventionnée. Peut être demandé dans certains contextes institutionnels — à vérifier avec votre ARS selon votre situation.